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LABEL EXPÉRIENCE #2 Mathieu – Baco Records

LABEL EXPÉRIENCE #2 Mathieu – Baco Records

1. Comment s’est créé ton label, dans une industrie musicale en bouleversement ?

Nous avons monté Baco Records après une expérience difficile, pour Danakil, au sein de notre premier label. L'envie de rester indépendant et autonome nous a clairement donné la voie. Le "bouleversement" de l'industrie musicale fut aussi un point majeur dans notre décision de monter Baco Records. Comme les disques ne se vendent plus, il fallait bien trouver un modèle économique qui permette au projet et au groupe de survivre. Il fallait donc qu'on soit à même de maitriser toute la chaine de production. Quelques années plus tard, nous sommes parvenus à gérer l'ensemble des maillons: Tour/Edition/Distribution/Enregistrement.

2. Quelles ont été tes erreurs et tes réussites ?

Une de nos principales erreurs est surement d'avoir pensé qu'on pouvait "calquer" le développement des autres groupes du label sur celui de Danakil. En réalité, chaque projet est singulier, et ce qui marche pour l'un, n'est pas forcément adapté pour un autre... Sur nos débuts, nous avons péchés par facilité! On pensait qu'en suivant les mêmes recettes nous pourrions développer les projets que nous prenions en label, avec le même succès que le développement de Danakil.
Nos réussites?
La plus grande de nos réussites est surement la diversification des activités de la boite. Booking/Editions/Distribution sont autant de secteurs que nous avons développés peu à peu.
Nous sommes d'ailleurs en train de monter notre propre studio d'enregistrement, en plein cœur de Bordeaux, et nous commençons aussi à penser à la constitution d'un média, permettant la diffusion de nos productions.
D'ici quelques années, on espère pouvoir manœuvrer un beau bateau, ou nous interviendrons dès les premières notes enregistrées, jusqu'à la diffusion des œuvres, en magasin via la distribution, en concert via le Booking, en radio ... quand on aura monté notre radio!
L'autre réussite du label, est directement liée aux projets que nous développons, du mieux qu'on peut. C'est un vrai plaisir de voir aboutir les projets qu'on développe: Les disques sortent, les tournées se montent. On est hyper fiers de permettre aux groupes avec qui on travaille de vivre de leur musique.

3. Selon toi, quels sont les éléments nécessaires aujourd’hui pour continuer à exercer le métier ? 

Ya une multitude d’éléments qui peuvent expliquer le succès, ou le non succès, d'une structure comme la notre. La première des richesses est surement les groupes et les projets eux mêmes. Sans eux, ya rien qui se passe!
Ensuite, arrive l'équipe du label, les salariés. C'est la clef de voûte du label. Une belle équipe, motivée et compétente, c'est indispensable pour que la structure avance sur les bons rails.
Viennent ensuite plein d'autres paramètres qui vont influer sur la réussite du label: Les financements, la gouvernance, les opportunités de projets qui peuvent se présenter à nous, l'implantation du label au sein de sa région, de son environnement professionnel etc ...

Publié par Felin dans Non classé
Label Expérience #1 Sean – Talitres

Label Expérience #1 Sean – Talitres

Première rencontre de la série, Sean Bouchard, fondateur du label Talitres partage son point de vue et ses expériences de label indépendant Français.

Je vois aussi, parfois, cette crise comme une remise en question nécessaire des acteurs de notre milieu.

1. Comment s’est créé ton label, et comment a-t-il tenu depuis 15 ans malgré les bouleversements de l’industrie musicale ?

Le label a été créé sur un coup de tête (ou coup de cœur) à l'orée des années 2000. Ingénieur agronome de formation, j'ai donc basculé vers l'industrie musicale au moment même où celle-ci commençait une crise que tout le monde prédisait durable et profonde. Ce fut le cas. Talitres est en quelque sorte une petite entreprise qui a toujours connu la crise, qui s'en est (parfois) accoutumée, à essayer de la contourner et de tirer les quelques bénéfices que celle-ci peut tout de même proposer. Car oui je vois aussi, parfois, cette crise comme une remise en question nécessaire des acteurs de notre milieu. Remise en question bien trop faiblarde à mon goût.
Tenir malgré les bouleversements c'est savoir être élastique, souple et savoir parfois réorienter certains choix. C'est se dire aussi très vite qu'il faut ouvrir les frontières (pour ouvrir les marchés), et ne pas se contenter d'un marché français qui peut rapidement devenir étriqué. Talitres possède un catalogue très axé sur l'international et il faut se servir de cette singularité : pousser des portes au-delà de nos frontières pour diffuser le plus largement possible nos sorties, explorer d'autres pratiques pour en tirer le meilleur parti. Dans une même idée, j'ai très tôt diversifié les activités de la structure: entrepreneur de spectacles, éditeur, ponctuellement attaché de presse, intervenant. Outre le fait que cela permet de multiplier les revenus, cela permet de diversifier les réseaux et de réfléchir plus globalement.
Enfin, et c'est sans doute là l'essentiel, accorder à la signature artistique la place centrale qu'elle mérite. J'ai toujours considéré que Talitres devait être un label avec une identité propre, de par son catalogue, de par son image, de par le discours qu'il peut porter. Essayons de faire cela quelques années encore.

2. Quelles ont été tes erreurs et tes réussites ?

On est dans une situation assez schizophrène où il faut savoir multiplier les marchés et les activités tout en essayant de se satisfaire de ressources humaines extrêmement limitées. Vouloir tout porter à bout de bras présente des risques indéniables. A force de vouloir tout gérer en interne, on risque de papillonner et donc de perdre certaines opportunités. Les activités éditoriales sont longtemps restées en dormance. J'avais besoin de dynamiser ce point, de pouvoir proposer une collaboration concrète à mes artistes, d'avoir des arguments convaincants pour que mon catalogue éditorial puisse s'enrichir au fil des sorties du label. Dont acte ! Je collabore depuis quelques années avec un éditeur parisien. Je vois cela comme une mise en commun de nos forces, de nos réseaux, de nos spécificités.
Sans vouloir dresser un florilège de mon catalogue, je pense que mes réussites sont essentiellement artistiques.
Les erreurs furent diverses: une sortie mal coordonnée sur l'ensemble des territoires, des choix stratégiques pas toujours opportuns, etc… L'erreur la plus récurrente, et celle sur laquelle je veille donc particulièrement désormais, est d'avoir eu à quelques occasions des contrats (de production ou de licence) pas systématiquement équilibrés entre l'artiste et le label (en la défaveur de la structure bien sûr).

3. Selon toi, quels sont les éléments nécessaires aujourd’hui pour continuer à exercer métier? (équipe, financements, diversification, stratégie, réseaux, lois…)

Les premiers conseils que je pourrais donner à ceux qui veulent débuter ou continuer à exercer ce métier sont ceux que je donne généralement à certains groupes : soit ambitieux mais raisonnable, porte tes projets avec passion mais ne soit pas le premier groupie de tes artistes, fais preuve de patience et travaille. Cela peut paraître tarte à la crème de dire cela mais c'est essentiel. Gérer un label est gérer une entreprise, nous sommes là pour porter un projet artistique, la défense d'une nécessaire diversité, sachons le faire avec plaisir, envie mais aussi et surtout avec rigueur.
Bien sûr continuer la voie de la diversification et essayer de réfléchir globalement, tenter - si possible - d'avoir une stratégie sur le moyen et long terme, même si l'on sait que nos perspectives se situent souvent sur le très court terme. Bienvenu sur les terres de la contradiction !
Réfléchir globalement c'est aussi réfléchir collectivement et en réseau (structuré ou non). Échanger avec ses pairs c'est considérer que ceux-ci sont avant tout des partenaires, et que par un système réciproque de monte-charge on peut tenter de maîtriser et d'améliorer notre avenir. C’est essentiel, même si ce n’est pas simple bien sûr de mener tout cela de front, pas simple non plus de savoir prioriser les tâches.
Enfin les financements...., nerf de la guerre bien sûr. Tendre vers la plus grande autonomie possible doit rester une ambition. Accepter les aides publiques est-ce synonyme de la perte de notre fondamentale indépendance ? Étant donné ce qu'elles représentent actuellement (8 - 10 % de notre CA), et étant donné la façon dont elles sont pensées (là encore collectivement, et au plus proche de nos besoins), je ne le pense pas.
Ultime point: la formation et la maitrise du secteur (ses lois, ses obligations, ses stratégies, les mutations continuelles). Évidemment plus qu'indispensable.

Visiter le site du label : http://www.talitres.com

Publié par Felin dans Non classé, Points de vue de professionnels
Le CIIME. Conseil Interprofessionnel des Indépendants de la Musique Enregistrée

Le CIIME. Conseil Interprofessionnel des Indépendants de la Musique Enregistrée

Contexte

Les artistes et les acteurs de la musique enregistrée ont tous les mêmes enjeux et les mêmes problématiques: valoriser et mieux rémunérer la création musicale. Or on le sait: notre filière est peu soudée contrairement au cinéma, au livre et bientôt au jeux vidéos – et ce, malgré les différents groupes de travail collectif mis en place ces dernières années. Suite à différentes rencontres, discussions, missions, la FELIN s’est aperçue qu’il manquait en fait la première brique indispensable et nécessaire à une collaboration et une co-construction : un espace souple et libre de discussions partagées et de formalisation de positions communes.

Quoi?

Le CIIME se veut une plateforme de discussions sur des problématiques rencontrées par chaque métier autour de la musique enregistrée. Il permet de travailler entre nous et de trouver des solutions ensemble. Il peut également être force de proposition et de conseil auprès des autres partenaires.

Objectifs?

Le but est d’identifier ces problématiques et de trouver des solutions. Il s’agit également de mieux se connaître entre nous, de sortir du clivage économique et concurrentiel, afin de pouvoir commencer à envisager des actions communes.

Qui?

Il réunit les acteurs indépendants de la musique enregistrée, experts et représentants de leur profession : artistes, labels, disquaires, distributeurs, radios, etc. qui souhaitent œuvrer pour l’intérêt général et la diversité musicale.

Les organisations partenaires sont: le GREDIN, la GAM, les Allumés du Jazz, le CALIF, les distributeurs physiques et numériques (l’Autre Distribution, Differ-ant, Idol…), la FERAROCK, la FELIN…

Quand?

Il se réunit régulièrement et autant de fois que nécessaire, sur proposition de la FELIN mais aussi d’un ou de plusieurs membres.

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Newsletter #14 – Disquaires | 10 propositions pour une politique culturelle | Événements

PANORAMA DES DISQUAIRES INDÉPENDANTS

La FELIN a participé, aux cotés du Ministère de la Culture et de la Communication (DGMIC), du CALIF et d’EPEC, au pilotage d’une étude sur la situation des disquaires indépendants en France.

Où l’on apprend que les vinyles représentent environ 70% du chiffre d’affaires moyen et que les catalogues sont constitués de 5 000 références en moyenne.

+ d’infos

 

10 PROPOSITIONS POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE ENGAGÉE

La FELIN propose plusieurs mesures concrètes au futur Président de la République et à ses équipes dédiées aux politiques culturelles. Ces mesures concernent les labels mais également tous les métiers qui gravitent autour de la production indépendante et lui permettent de continuer à vivre.

+ d’infos

 

FORUM ENTREPRENDRE DANS LA CULTURE

Le Forum Entreprendre dans la culture revient pour une troisième édition du 22 au 24 mai 2017 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts (Paris). Le programme est en ligne.

Retrouvez-nous y le lundi 22 mai !

+ d’infos

 

INSCRIVEZ VOS ARTISTES AU MAMA JUSQU’AU 30 JUIN

Vous cherchez une occasion de faire jouer vos artistes à Paris? Proposez des concerts avant le 30 juin dans le cadre MAMA 2017, qui se déroulera du 18 au 20 octobre 2017.

+ d’infos

 

FIN DE L’ABATTEMENT PROFESSIONNEL POUR LES INTERMITTENTS

L’abattement professionnel va disparaitre chez Pôle Emploi Spectacle ce qui engendrera des augmentations de charges patronales pour les employeurs d’intermittents du spectacle, et ce à partir de juillet 2017.

+ d’infos

Publié par Felin dans Newsletter, Non classé