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La distribution

Pour qu’un disque rencontre son public, encore faut-il que ce dernier puisse le trouver. Le nombre de distributeurs alternatifs se réduit et les grandes surfaces qui comptabilisent 88 % des ventes de détail accordent de moins en moins d’importance aux labels indépendants. Dans les grandes surfaces spécialisées, la part de marché des indés a progressé de 17 % entre 2003 et 2009, mais a perdu 36 % en valeur (Rapport 2009 Observatoire de la musique).

Le grand chantier à venir pour les labels indépendants : construire un réseau de distribution alternatif  et multiple, des lieux intermédiaires où les œuvres rencontreront à nouveau leur public.

Il conviendra ainsi de développer notamment  les réseaux constitués des libraires ainsi que la vente par correspondance ou numérique via les plates-formes comme CD1D. Les mécanismes d’aide à la structuration des réseaux culturels mis en place par les collectivités territoriales en seront la colonne vertébrale. Ainsi une réflexion en ce sens est entamée en Aquitaine avec l’appui du Conseil régional.

Enfin les liens avec les disquaires indépendants se renforcent. La boutique de disques est le dernier maillon de la chaîne entre l’artiste et son public, mais souvent le plus essentiel. Le disquaire relaye l’action du label, propage sa griffe en diffusant ses enregistrements au sein même de la boutique. Malheureusement les disquaires indépendants se raréfient eux aussi. En France l’Irma (le Centre d’information et de ressource pour les musiques actuelles) en comptabilise 213 (les chaînes spécialisées ne sont pas incluses) alors qu’ils étaient environ 3 000 dans les années 70. Nul doute que cette exposition insuffisante influence la propension à acheter moins de supports physiques.

Pour sauvegarder le secteur, des mécanismes gouvernementaux d’aide à la création d’entreprise ont été mis en place, complétés en Paca et en Aquitaine notamment par les conseils régionaux. Comme chez les producteurs phonographiques, la mutualisation des moyens, la création de réseaux a cours. Ainsi le Club action des labels indépendants français (Calif) alloue aide financière et soutien, labellisant une trentaine de comptoirs culturels en France. Il existe aussi Starter, un réseau national constitué d’une centaine de points de vente dont certaines chaînes spécialisées (Cultura). Starter édite en outre le magazine Start-Up.

Diffusion physique ou numérique, promotion des artistes, les activités des labels indépendants s’avèrent multiples et variées.