Dépassant le cadre des industries culturelles, l’activité des labels indépendants s’inscrit dans le champ de l’économie créative. Celle-ci se situe à la croisée des chemins entre les arts, la culture, les affaires et la technologie.
Englobant l’intégralité du cycle de la création, depuis le studio d’enregistrement jusqu’à la distribution dans les bacs à disques, l’activité d’un label indépendant illustre bien le concept d’industrie créative. Ce secteur représentait 2,6 % du PIB européen en 2003.
Prescriptrice de tendances et de nouveautés, l’activité des labels indépendants s’avère donc indispensable pour favoriser la diversité culturelle tout autant que l’économie. Alain Busson d’HEC avance ainsi qu’« une des particularités des industries culturelles est que l’offre crée sa propre demande ».
Les labels indépendants constituent en outre un marché de niches. Ils nourrissent la longue traîne décrite par Chris Anderson en 2004 dans le magazine Wire : ils vendent de nombreux produits en petite quantité constituant au final un chiffre d’affaires non négligeable. Ainsi les 600 labels indépendants en France cumulent plus de 3 000 productions par an. Ce sont ainsi des acteurs économiques à la légitimité établie.
Le critère de mesure qu’est le PIB s’avère néanmoins insuffisant car il n’inclut pas toutes les externalités positives du secteur non marchand, comme la pratique musicale au sein d’associations. Les labels indépendants concrétisent cette pratique en signant par exemple des artistes pour qui la musique n’est pas l’activité principale.
Les producteurs musicaux favorisent ainsi l’émergence de la classe créative chère au professeur américain en aménagement urbain Richard Villa.
Dépassant le cadre élitiste décrié de ce dernier, les labels indépendants propagent lien social et identité culturelle depuis les métropoles jusque dans les zones rurales. Le mathématicien Xavier Comtesse rappelle ainsi que “Culture, créativité et attractivité sont les trois composantes indissociables de la prospérité du 21ème siècle.” L’action des producteurs indépendants sera décisive pour renforcer l’attractivité des territoires, tout autant que favoriser la création d’un tissu culturel bien vivant et multiple.
Certaines références sont issues de l’ouvrage Économie créative (Mollat bordeaux)
