Expert-comptable et cofondateur du cabinet Emargence, Éric Hainaut accompagne depuis plus de trente ans les entreprises dans leur structuration et leur développement. Au sein du cabinet, le pôle Com’Com est entièrement dédié aux Industries Culturelles et Créatives, avec une équipe spécialisée de 30 collaborateur·ices, qui travaille au quotidien auprès de labels, tourneurs, producteurs phonographiques, artistes-auteur·ice·s, artistes-interprètes, mais aussi d’acteur·ice·s de l’audiovisuel et du jeu vidéo. Passionné et doté d’un vrai sens de la communication, Eric Hainaut intervient régulièrement en conférence, notamment au Forum Entreprendre dans la Culture. Il est aussi l’auteur de l’ouvrage “Comment trouver des financements dans les ICC ?”.
Rien ne prédestinait Éric Hainaut à travailler ni dans la comptabilité, ni dans le secteur culturel. Issu d’une famille de fonctionnaires de la Poste, il grandit pourtant avec une vraie sensibilité artistique : musées, expositions, cinéma, dessin… la culture occupe très tôt une place importante dans sa vie. Il s’oriente vers des études de comptabilité et ses premières expériences professionnelles le rapprochent déjà de ses passions, notamment en agence de publicité et en production audiovisuelle.
C’est finalement à 30 ans, en reprenant ses études pour devenir expert-comptable, qu’il donne une forme plus évidente à cette double appétence. En créant l’un des premiers cabinets spécialisés dans les Industries Culturelles et Créatives.
Il fait le choix d’accompagner des professionnel.le.s passionné.e.s souvent confronté.e.s des cadres administratifs, fiscaux et comptables peu lisibles ou mal adaptés à leurs réalités.
C’est justement ce qui anime Eric Hainaut : associer technicité des sujets et accompagnement de structures engagées dans la lecture et la compréhension de ces cadres complexes. Dans les industries culturelles, les enjeux comptables, fiscaux et sociaux prennent des formes très spécifiques, qui demandent à la fois expertise, pédagogie et compréhension fine du terrain.
« Avant tout, qu’on se le dise : la comptabilité, ce ne sont pas que des chiffres. Ce qui me plaît dans mon métier, c’est d’accompagner, de conseiller, de trouver des solutions face à des gens passionnés et passionnants, mais souvent perdus dans la jungle des appellations et des textes, qui ne sont pas toujours adaptés à leurs profils. »
Pour Éric Hainaut, le rôle d’un expert-comptable ne se limite pas à “faire la compta”. Il accompagne les labels bien plus largement. Il peut intervenir à toutes les étapes de la vie d’une entreprise : de la création du projet jusqu’à son développement, sa transmission ou sa cession, en passant par la recherche de financements, l’anticipation des risques, ou encore la sécurisation du modèle économique.
Cette dimension reste encore méconnue, alors même qu’elle peut être précieuse pour des structures souvent confrontées à des enjeux complexes, sans toujours savoir vers qui se tourner.
Si les réalités des structures sont très diverses, certains sujets reviennent régulièrement chez les labels et distributeurs indépendants : la polyactivité, les différents taux de TVA, les aides et crédits d’impôt, l’emploi d’intermittent·e·s, la valorisation des stocks, le développement d’un projet en autoproduction sans mettre en risque leur situation auprès de France Travail, le choix d’un statut …
La question de la polyactivité revient particulièrement souvent. C’est d’ailleurs, selon Éric Hainaut, l’un des sujets les plus récurrents chez ses interlocuteur·ice·s. Une problématique centrale dans un secteur où une même structure peut cumuler plusieurs activités, avec des règles comptables, fiscales et sociales qui varient selon les cas.
Éric Hainaut accompagne aussi les labels dans leurs réflexions plus stratégiques, liées à leur développement: arrivée d’un·e associé·e, désaccord entre partenaires, achat ou location de locaux, développement à l’étranger, arbitrages de rémunération ou encore préparation de la transmission.
« Deux mots à savoir : anticiper et prévoir. » Pour Éric Hainaut, ce sont là deux réflexes essentiels pour éviter les difficultés les plus fréquentes. Selon lui, beaucoup pourraient être évitées si les structures prenaient davantage le temps de cadrer les choses en amont, plutôt que de réagir une fois le problème installé.
Et pour cela, il ne faut pas hésiter à demander conseil et à se faire accompagner. L’assistance d’Eric Hainaut est d’ailleurs accessible à tous les adhérent.e.s FÉLIN.
Il insiste notamment sur la nécessité de ne pas avancer sans visibilité, en particulier sur les questions budgétaires et de financement. Avant de lancer un projet, mieux vaut s’assurer que les équilibres sont solides, que le budget est tenu, et que les financements sont réellement sécurisés.
Éric Hainaut recommande aussi de ne pas hésiter à demander conseil avant d’agir. Dans des secteurs où les spécificités sont nombreuses et les règles en constante évolution, anticiper, c’est aussi savoir se renseigner au bon moment, plutôt que corriger trop tard.
Enfin, il rappelle l’importance d’un suivi régulier : un budget ne se regarde pas une seule fois, il se pilote dans le temps. Suivre, ajuster, repérer les écarts et prendre des mesures avant que la situation ne se dégrade reste, selon lui, l’un des meilleurs moyens de limiter les risques.
Certain·e·s adhérent·e·s le sollicitent par exemple pour savoir s’ils peuvent développer un projet en autoproduction sans mettre en risque leur situation auprès de France Travail. D’autres viennent avec des questions liées au choix d’un statut, à l’organisation de leur activité ou à la façon de sécuriser un projet avant de se lancer.
Les questions autour du financement reviennent également souvent : comment chercher des aides, à quoi peut prétendre une structure, comment présenter un budget ou vérifier qu’un projet est viable.
L’échange se fait de manière directe, à partir des besoins de l’adhérent·e. L’objectif est d’apporter une réponse claire, pratique et adaptée à chaque situation, sur des sujets qui peuvent vite devenir complexes lorsqu’on est seul·e face à eux.
Pour conclure, Éric Hainaut rappelle l’importance, pour les structures indépendantes, de ne pas rester isolées. Dans un secteur en évolution constante, sortir, rencontrer d’autres professionnel·le·s en intégrant notamment une fédération comme la FÉLIN et participer aux temps forts de la filière reste essentiel pour comprendre les transformations en cours et adapter ses projets.
À l’heure où les modèles changent, où les financements évoluent et où certaines formes de structuration perdent du terrain au profit d’autres, rester en lien avec son écosystème est aussi une manière de mieux anticiper.