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CNM : Cd1d, la Félin et le SMA veulent être reçus par Aurélie Filippetti

En réaction aux propos de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, Cd1d, la Félin et le SMA déplorent dans un communiqué l’abandon du projet de Centre national de la musique et jugent les conséquences dramatiques pour les indépendants. Ils demandent à être reçus rue de Valois.


LETTRE OUVERTE



Paris, le 11 septembre 2012

Madame la Ministre de la culture et de la communication,



Vos déclarations dans le journal Le Monde daté du 11 septembre, concernant le Centre National de la Musique ont plongé nos organisations dans l’incompréhension la plus totale.



En effet, le 11 juillet dernier, lors de votre rencontre avec la filière musicale, vous repreniez publiquement l’engagement de campagne de François Hollande de mener à bien ce projet de nouvel établissement public destiné à fédérer toute la filière musicale, tout en renforçant les outils et les dispositifs au service de la diversité culturelle, en vous laissant néanmoins le temps de vous le réapproprier. Nous évoquions, dans un courrier que nous vous avons adressé le 13 juillet, toute l’importance que revêtait ce projet pour les artisans de la musique que nous représentons [1] et les raisons du soutien répété que nous apportons depuis plus d’un an au projet de CNM (participation financière directe des FAI au secteur de la musique, renforcement du montant des aides dans tous les secteurs, prise en compte des réalités et des besoins des plus petites structures, soutien à l’action collective, encouragement des logiques de partage et de mutualisation, renforcement de la diversité des réseaux et des modèles économiques, etc.).



En un an, grâce à notre implication dans la co-construction de ce projet, nos organisations ont en effet su faire reconnaître, entendre et prendre en compte de mieux en mieux la place centrale que doivent occuper dans une nouvelle politique culturelle celles et ceux qui, années après années, dans des conditions précaires, forment toute la richesse et l’engagement du tissu indépendant français. Nous n’avons eu de cesse d’améliorer cette prise en compte, comme le dénotent les observations que nous avons remises encore la semaine dernière à la mission de préfiguration du CNM. 40 ans après les premiers réseaux militants issus du Rock, les structures que nous représentons continuent à repérer, accompagner, produire et diffuser des artistes et des professionnels avec lesquels, souvent loin des grands médias, elles construisent une vision et une passion partagées de la musique et plus largement de la culture.



Labels, salles de concerts (en partie labellisées SMAC), producteurs de spectacles, centres de formations, radios, festivals, fédérations régionales… tous ont nourri lors du changement de gouvernement en mai dernier, l’espoir qu’émergent rapidement des réponses courageuses et politiques pour porter un projet davantage tourné vers les urgences et les valeurs que nous portons au sein de nos entreprises : diversité artistique, intérêt général, partage équitable de la valeur et des espaces de diffusion, irrigation des territoires.



Nous ne pouvons donc que nous sentir à la fois oubliés et trahis par vos dernières déclarations tant elles contredisent les principes et les priorités que vous déclarez défendre, alors même que le Président Hollande rappelait tout récemment son attachement à respecter ses engagements de campagne – le CNM en faisant partie. En aucun cas le crédit d’impôt (dispositif auquel les TPE n’ont même pas la capacité d’accéder tellement leur trésorerie est fragile et qui se révèle en inadéquation avec leur structure économique) ou les potentielles mesures auxquelles vous faites allusion dans vos déclarations ne viendront améliorer la situation de ces entreprises indépendantes – majoritairement des TPE – qui sont précisément celles qui défendent au quotidien la diversité des pratiques et des esthétiques musicales. Ce n’est pas de quelques mesures ultra-ciblées et souvent dénuées de cohérence d’ensemble dont la filière a besoin, mais d’une vraie vision pertinente du secteur. En cela, le projet de CNM apporte une réponse à la hauteur de cette attente.



Le CNM offre une occasion unique et historique de tirer les enseignements des mutations profondes que connait le secteur de la musique depuis 10 ans, de reposer des règles communes, d’adopter une posture collective et d’inventer des modèles plus équitables qui tirent partie des nouvelles technologies et des logiques de partage plutôt que de les craindre et de les contraindre. En abandonnant le CNM c’est cette ambition à laquelle vous renoncez. Nous pas.



Sans cette création (et l’arrivée rapide de moyens et de dispositifs d’aides adaptées), bon nombre de nos structures, déjà dans des situations délicates, disparaitront au cours des prochains mois, entrainant avec elles une grande partie de la diversité dont peut se targuer aujourd’hui encore notre pays. Les acteurs économiquement plus solides (qui bénéficient déjà du crédit d’impôt que vous vantez tant) pourront peut être traverser la tempête ; sacrifiant au passage tout ce qui économiquement n’a pas d’intérêt rapide et certain… Quant aux autres, ils se souviendront avec tristesse et colère des espoirs déçus d’un gouvernement qui a raté son rendez-vous avec l’Histoire.



Vous déclarez que « nous » n’avons pas les moyens de financer cet établissement. Ce n’est pourtant pas de cela dont il s’agit, et vous le savez : les fonds de votre Ministère ne seront pas mobilisés dans ce projet. Il faut seulement le courage et la volonté politiques de rediriger légitimement vers la musique une partie (25 ou 30 %) des quelques 300 millions € issus de la TST, (taxe déjà existante payée par les fournisseurs d’accès et qui ne bénéficie actuellement qu’à une industrie, le cinéma, déjà bénéficiaire de larges soutiens publics et qui ne traverse pas, bien au contraire, la crise qui étrangle les producteurs de musique et de spectacles).



Depuis plusieurs mois, nous avons rencontré vos équipes, contribué aux réflexions, alimenté le travail sur les dispositifs, élaboré les propositions qui nous semblaient urgentes et alerté sur la nécessité d’agir vite après des années d’apathie. En acceptant de nous recevoir rapidement, vous accorderez, dans les faits, une première attention particulière aux entreprises indépendantes qui ne se limitent pas, loin s’en faut, aux quelques acteurs industriels du secteur.



Dans l’attente de cet échange, nous vous prions de croire, Madame la Ministre de la culture et de la communication, en notre considération la meilleure.



Eric Petrotto, Président de CD1D



Philippe Couderc, Président de la Felin



Pascal Chevereau, Président du SMA





[1] CD1D rassemble 250 labels indépendants, le SMA plus de 200 entreprises de la filière (salles, festivals, labels, centres de formation, radios et fédérations – dont la Fédurok, la FSJ, la Fneijma et la Férarock) et la Felin plus de 12 fédérations… rassemblant collectivement près de 1 000 TPE/PME.

La filière musicale pourra-t-elle changer son avenir ?

Les participants à la réunion organisée ce 11 juillet rue de Valois avec la Ministre de la culture pourraient bien le croire.

Non pas que des solutions miracles aient émergé de cette discussion dont l’objet était de « sauver le CNM ». Mais l’instant fut historique, tant par le panel des participants que par les propos tenus.

Pour la première fois, nous (SMA, CD1D, Felin) nous sommes retrouvés parmi les patrons de groupes multinationaux et de PME indépendantes, les dirigeants de TPE et d’associations, les présidents de grands institutions et d’organisations fédérales et patronales, les délégués des syndicats de salariés et les représentants de l’Etat, pour échanger tous ensemble et rechercher les solutions pour qu’un Centre National de la Musique, sous une forme qu’il faudra sans doute revoir, puisse voir le jour au plus vite. Continue reading

La musique indépendante survivra-t-elle au temps politique ?

Actualités Communiqués

Il faut sauver le Centre National de la Musique.

Paru dans Le Monde, le 13 Juin 2012. Lien de l’article

Depuis la composition du nouveau gouvernement, les semaines passent sans que le dossier du Centre national de la musique (CNM) – qui mobilise pourtant le secteur depuis près d’un an – n’ait été officiellement remis sur la table des priorités. Cette dynamique essentielle de refondation de la filière musicale s’apprêtait pourtant à entrer, avant l’été, dans une nouvelle phase avec la proposition des premiers dispositifs, dont une large partie ouverte vers les ”petits indépendants de la musique” que le nouveau président de la République entend précisément défendre.

Lorsque la dynamique du CNM a été engagée en mai 2011, nos organisations, agissant pour des milliers de TPE, associations, micro entreprises ou coopératives du spectacle vivant et des musiques enregistrées, bien que critiques vis-à-vis de la politique culturelle du précédent gouvernement, ont décidé de s’yinvestir afin de présenter et défendre, une somme de valeurs, de visions, de réflexions et de propositions alternatives face aux acteurs concentrés et dominants de la filière.

Loin d’une opposition caricaturale entre majors/PME de la musique et artistes libres issus du jazz ou de la musique classique, l’association de préfiguration du CNM a su, au fil des échanges, ouvrir des débats de fond sur l’aide à la création, la diffusion, l’innovation, la formation ou l’action pédagogique, en adoptant une vision transversale du secteur et en y associant des acteurs très différents issus de toute la filière (maisons de disques, organisateurs de concerts, salles de spectacles, radios associatives, disquaires…). En un an, de nombreuses discussions de qualité ont pu avoir lieu dans les différents groupes de travail, des consensus ont parfois pu en sortir et des propositions concrètes ont été faites quant aux dispositifs à mettre en place pour garantir, de façon à la fois innovante et équitable, l’avenir de la filière, le soutien à la diversité et l’irrigation des territoires lors de ces prochaines années.

Le danger existe désormais que la mécanique de l’alternance politique, la tenue des prochaines législatives, l’idée de rompre avec le gouvernement précédent, le travail actif de certains réseaux d’influences corporatistes… constituent autant d’éléments qui inciteraient l’Etat à reconsidérer ce dossier central pour l’avenir de la création musicale francophone. Malheureusement, nous venons ici témoigner qu’une majorité des acteurs de terrain qui forme le tissu de cette scène indépendante française, vivace et créative, risque de faire très vite les frais d’une autre temporalité politique tant leur situation économique est fragile, leurs moyens limités et les dispositifs existants inadaptés à leurs réalités et au contexte économique. Le projet du CNM entend précisément, par un déploiement à marche forcée, ouvrir dès 2013 ses aides aux structures et aux projets des petits indépendants que nous représentons (artistes, labels, salles et festivals, médiasassociatifs, centres de formation, producteurs) et qui, en 5 ans, ont dû faire face à des difficultés croissantes : fin des emplois aidés, raréfaction des canaux de diffusion et de promotion, concentration croissante des acteurs dominants (dans le disque comme dans la production de spectacle), dévalorisation permanente de la musique, sources de revenus ou subventions en baisse constante.

Les questions de financement sont bien évidemment centrales mais elles ne doivent pas remettre en cause la pertinence et l’urgence du chantier CNM ; elles dépassent en effet largement le seul secteur de la musique et imposent au nouveau gouvernement de mener une réflexion globale et ambitieuse sur la façon dont sont financés les différents secteurs de la culture, la juste part que doiventprendre les fournisseurs de technologies ou d’accès à internet et ainsi pouvoirsortir des approches corporatistes qui dominent jusqu’à présent… au bénéfice d’une politique culturelle 2.0 tournée vers l’intérêt général, le soutien actif à la création et la reconstruction de nouveaux réseaux de diffusion.

Aussi appelons-nous le président de la République, et l’ensemble des équipes gouvernementales impliquées sur ces dossiers, à relancer sans plus attendre le processus de concertation et de travail afin de garantir la poursuite dans les plus brefs délais du ”chantier” du Centre national de la musique, outil collectif d’envergure, adapté à l’ère numérique et qui rassemblerait enfin la filière musicale dans sa diversité de ses composantes, de ses entreprises, métiers et projets artistiques.

Eric Pétrotto, président de CD1D

Philippe Couderc, président de la Felin

Pascal Chevereau, président du SMA

Dominique Marie, président de la Ferarock

Le CNM, une occasion unique de repenser la filière musicale

Communiqués

Rapport «création musicale et diversité à l’ère numérique», préparatoire au Centre national de la musique

Alors que le rapport, commandé au printemps 2011 par Frédéric Mitterrand, a été rendu public vendredi 30 septembre, les quelques 450 labels indépendants, artisans de la musique, structurés au travers de nos fédérations, souhaitaient réagir aux réflexions et aux propositions formulées dans ce document.
Si plusieurs points restent évidemment à discuter, nos structures apportent clairement leur soutien à la dynamique de création d’un Centre national de la musique (CNM) car il envisage, pour la première fois, un dispositif ambitieux susceptible de répondre aux mutations que connaît l’ensemble de nos métiers depuis 10 ans.
Ainsi, un certain nombre de points nous semble particulièrement pertinents :
– La nécessité d’agir vite et de mobiliser des moyens importants
La situation est critique pour beaucoup de nos membres : il faut donc agir vite. Le rapport propose de s’appuyer sur des dispositifs existants sans créer de taxe nouvelle (ni pour les FAI ni pour les internautes), et pouvoir, au-delà des débats et du temps politique de l’élection présidentielle, rendre le dispositif opérationnel en moins d’un an.
– Adopter une approche nouvelle et globale de la filière
L’organisation actuelle de la filière ne permet pas, on le voit, de résoudre la crise que traverse la musique enregistrée. Il faut donc que les choses bougent de façon significative ; la remise à plat de l’ensemble de la filière autour d’un établissement commun nous semble constituer une opportunité unique de repenser de façon plus ouverte, plus moderne et plus collective la place de chacun dans un secteur qui ne se définit pas seulement par des critères économiques ou technologiques.
– La reconnaissance du rôle essentiel des TPE et des associations dans la création musicale et la diversité
Pour la première fois, les centaines de structures qui forment le maillage historique et fondateur de la
diversité musicale, du respect des artistes et des publics autour d’une passion partagée, sont prises
en compte dans le fonctionnement et la répartition des aides.
Même si les répartitions entre aides automatiques (réservées aux grandes entreprises du disque) et aides sélectives (réservées aux labels indépendants) nous semblent déséquilibrées (65/35 serait plus
juste) et par trop centrées sur la seule valeur économique des structures, leur travail d’intérêt général
et l’indispensable rôle que nos labels ont dans la création, vont enfin pouvoir être reconnus et soutenus
par la collectivité.
– Le disque physique existe toujours !
Trop souvent négligé ou enterré (par des industriels du numérique soucieux d’accélérer leur développement), le disque physique constitue toujours l’essentiel des ventes de musique en France (et tout le monde s’accorde désormais pour dire qu’il ne disparaîtra pas). En proposant de soutenir les réseaux de diffusion, les lieux de prescription ou les disquaires indépendants, le CNM envisage d’investir un terrain essentiel du paysage musical.

Certains sujets sont malheureusement trop rapidement évoqués ou insuffisamment développés et constituent pourtant des enjeux majeurs pour la filière dont le CNM devra s’emparer :
– comment restaurer la valeur de la musique ?
– quelles dynamiques pédagogiques met-on en place pour retisser l‘indispensable lien distendu depuis 10 ans avec les publics ?
– comment les modes alternatifs de droits d’auteurs et de licences libres (Creative Commons), les logiques de contributions créatives ou de gestion collective viennent-ils enrichir les débats ?
quelle place les publics peuvent-ils prendre dans ces nouveaux espaces ?
Ce rapport n’est qu’une étape. Il impose néanmoins que le Président de la République et le Gouvernement se positionnent de façon forte et rapide sur cette opportunité d’adapter toute une filière à de nouveaux usages,de nouveaux acteurs et de nouvelles cultures.
Les fédérations nationales et régionales de labels indépendants entendent bien prendre leur part dans la création de cet outil nécessaire et indispensable.

SIGNATAIRES
LES ALLUMÉS DU JAZZ
Fédération nationale de labels
indépendants de jazz et musiques improvisées
APEM-LR
Association des producteurs et éditeurs de musique
en Languedoc Roussillon
CD1D
Fédération nationale de labels indépendants
FEPPAL
Fédération des éditeurs et
producteurs phonographiques
indépendants des Pays de Loire
FEPPIA
Fédération des éditeurs et
producteurs phonographiques
indépendants d’Aquitaine
FEPPRA
Fédération des éditeurs et
producteurs phonographiques
indépendants de Rhône-Alpes
FLIM
Fédération des labels
indépendants de Midi-Pyrénées
FLIPPE
Fédération des labels
indépendants et producteurs
phonographiques de l’Est
LA MINE
Music Industry North Europe –
Nord Pas de Calais
PIAF
Producteurs indépendants et
autoproduits Francilien
PHONOPACA
Groupement des acteurs de
l’industrie musicale en Région
Provence-Alpes-Côte d’Azur